Galerie Fallet
 

GALERIE FALLET
 
Micheline Vorbe
5, Rue de la Tour-de-Boël
CH-1204 Geneva, Switzerland
 
Tel. +41 (0)22 311 42 43
Fax +41 (0)22 311 42 43
Mobile + 41 (0)79 219 10 76

 
E-mail contact
 
Opening Times:
Tuesday-Friday: 14.00 - 18.30
Saturday 12.00 - 17.00

and by appointment

Copyright © GALERIE FALLET

Albertelli
"Il n'est pas mort..il dort", 2000
acrylique sur toile, 162 x 130 cm

Dominque Albertelli - EXTRAITS DE PRESSE

 
… On est saisi devant ces images qui ne reflètent pas vraiment la souffrance, mais plutôt la vie dans sa nudité, sa richesse, son mouvement, au-delà des apparences : ce sont des êtres normaux, raisonnables, simples, mils il y a là le décalage d’un art qui sait y faire passer une part de folie nous habitant tous, nous autres êtres en déréliction dans ce monde absurde. C’est bien sûr l’expression des yeux, de la bouche, qui nous communique cela, mais aussi le fait que la tête n’est pas « bouclée », qu’elle reste ouverte, que le cerveau se trouve en communication avec l’extérieur, indiquant, entre autres, une possibilité de délire.

… Dominique Albertelli travaille toujours dans l’urgence, elle peint lorsqu’elle n’en peut plus, dit-elle, à l’acrylique aux pigments, ce qui correspond à ses violents besoins gestuels, et au fait que cette matière laisse transparaître les coups de pinceaux données les uns derrière les autres, en maintenant la transparence ainsi que la spontanéité du geste. Il y a là un mouvement vif dont on ressent encore l’impact, devant ces têtes ouvertes qui appellent, interrogent, inquiètent, laissant de côté les oripeaux de la séduction passe-partout.

Pierre Hugli
Rédacteur en chef PH+
novembre 2002 PH+, No. 40


Les désolés brisent le pont jeté sur le gouffre de nos certitudes. Regards vides ? Non ! Visions extrasensorielles d’une humanité errante, d’hommes et de femmes frôlant un ailleurs où nous sommes déjà tous. Parce que nous le regardons sans le voir, bâillonnés par nos besoins triviaux.

La force de l’oeuvre de Dominique Albertelli nous entraîne inexorablement vers une introspection de cette partie de notre âme, la meilleure qui, si nous n’y prenons pas garde, s’échappera comme s’échappe la raison des désolés, dans l’indifférence et la solitude.

Maîtrise du trait, puissance de l’inachevé, plus que jamais cette peinture est le révélateur de notre désespérance et de nos espoirs.

J.-M.A.
octobre 2002


Pousser,
En dépit des semelles, des valises,
Exister.
Le faisant, ceux que dessine Dominique Albertelli se sont longtemps butés
au format de ses toiles.
Ils se tassaient jusqu’à ne plus avoir de cou.
S’accroupissaient comme on chie.
S’agenouillaient pour mieux vomir.
Les miasmes dont étaient emplis leurs ventres transparents,
stigmatisés par des coulures de couleurs et des concrétions de matière,
ne tachaient pas. Ils traçaient.
Questions de passage, d’impacts et de mémoire.
Les tons de plomb, de cendre et de nuit employés
rendaient même le bleu électrique.


*


Sont venues ensuite les poses ovipares
de ceux qui savent reprendre des forces en équilibre instable.
Velléités de décollage.
Hommages à la margelle des puits.
« Etre allé loin et vivre après… » dit-elle
« Ce que je peins bien,
c’est la limite entre la chute et le fait de tenir debout ».
Ainsi dans un grand portrait récent,
un torse nonchalant,
immensément adolescent,
absolument ambigu :
la poitrine, il se la gratte ou il se la frappe ?

*


Dominique Albertelli peint à présent moins de gestes incarnant
le trop froid et le très lourd ;
moins de bras qui font toits, de mains aux allures de barrières.
Les balancements de saules pleureurs, les reptations,
les tignasses emmêlés par la longueur des cauchemars,
les graphismes ayant fort à voir avec l’héritage
du grand expressionniste Egon Schiele, s’estompent.
Les aplats aux allures de cataplasmes,
Qui l’inscrivaient du côté, également expressionniste,
mais plus contemporain, de chez le peintre Max Neumann, aussi.


*

« Se réveiller, c’est à la fois doux et violent », dit-elle.
« La pesanteur des choses, que j’ai toujours vécue de manière douloureuse,
exige une force proportionnelle si l’on veut lui échapper.
En soritr ».
Les tronc humains qu’elle dessine aujourd’hui possèdent des dos
à la fois ronds et tendus.
Elégants, dramatiques,
ils habitent l’antichambre du désir.
Une toile récente, composée de quatre figures,
telle une série de photographies de Muybridge,
Évoque le dépliage, amorce le déploiement.
Issue de poses prises récemment, dans l’atelier,
par une danseuse transformée en modèle,
cette œuvre témoigne d’une nouvelle étape.
Elle renoue avec les séances de dessin de nus de l’école Boulle
- seul, bref apprentissage suivi par l’artiste.
Il est ici question de relevailles.

Françoise Monnin
Historienne de l’art, écrivain, journaliste, Paris, août 2002
Extrait de la préface du catalogue de l’expositon à la Galerie Christian Crozet
Nogent-sur-Marne



… Voici un peintre de visages et de silhouettes allongées, sombres, peints à larges coups de brosse, appartenant autant à un réel dur, sans pitié qu’à un imaginaire tragique. Le personnage est toujours seul sur un espace vide, parfois il se renverse ; parfois une couleur plus vive anime la place du cœur ; parfois un geste rompt l’immobilité presque momifiée des personnages ; parfois un oiseau coiffe la tête couleur craie, couleur cendre, tel un rêve miraculeux. Peinture à l’acrylique, presque rudimentaire, rude, répétitive, obsédante de l’obsession des murs sales des banlieues, défraîchis, qui font ces hommes décatis, isolés, sans projets ni activités qu’un songe rarement visite. De l’utilité d’une présence uniquement et de l’inutilité des actes.

Cette peinture presque désespérée, d’où sa beauté étrange, parle toutefois un message discret, confiné, des momies éternelles, celui de l’homme qui vit de par on ne sait quel prodige, totalement coupé de toute relation, sinon un épisodique compagnonnage avec un oiseau, avec un rêve. C’est une peinture métaphysique, sèche, sévère, profonde, sans ornements ni oripeaux, sans fards, qui s’adresse à des amateurs lucides.

Guy Denis
Écrivain, éditeur, Louftémont-Léglise novembre 2001
Extrait Les feuillets de la Louve. No 11/12, 2001



LE TEMPS DES AMAZONES. De New York à Nîmes en passant par Paris, l’hiver appartient aux intuitions féminines :


… En 2000, si Dominique Albertelli se fraie plus normalement une place dans les galeries parisiennes, si ses toiles possèdent une gravité asexuée et une qualité universelle, on y retrouve avec d’autant plus de plaisir des histoires de nids, des ambiances lunaires, et la trace d’un pinceau qui prend le temps de caresser la toile avant de la posséder…

Françoise Monnin,
Historienne de l’art, écrivain
Air France Madame, Décembre 2000/Janvier 2001, Paris


« … Prix de la sincérité expressionniste à Dominique Albertelli pour ses dramatiques figures qui interdisent l’indifférence au spectateur … »

Jean-Luc Chalumeau
Rédacteur en Chef de la revue VERSO Arts et Lettres, no. 17 Janvier 2000


Quand l’angoisse et la nervosité deviennent l’énergie créatrice et le miroir qui reflète une grande force intérieure, Dominique Albertelli nous offre, à travers le geste et la matière picturale, une peinture point de rencontre entre une mémoire de souffrance et tout ce qui se médite et se contemple. Un processus de transe.

Le quotidien du peintre se confond avec un état de peindre dans lequel il n’y aurait ni changements de « comportement » ni ruptures de contenus quotidiens mais une transcendance qui, pour elle, n’a jamais été totalement séparée de sa spontanéité de vivre. Cette artiste vit avec la peinture, elle fait vivre la peinture, et réciproquement. Son travail, pour moi, n’est jamais vraiment un produit mais une naissance. Si l’expérience n’est finalement que le déroulement du temps, un enchaînement d’instants, Dominique Albertelli accumule inconsciemment ses propres vécus en les transformant à travers la texture et les couches très riches de son travail, vers une grande simplicité de l’image. La force ne se situe pas alors dans le fait qu’elle veut raconter un mythe dans sa peinture. Sa peinture elle même devient la pierre qui contient tous les mystères.

En Chine on considère q’un bon peintre est celui qui travaille des yeux aux mains en passant par le cœur. Le cœur ici est le centre de la créativité, qui n’est pas une zone de l’intelligence ou du concept préalable mais englobe dans un même espace tout ce qui est en dehors de la théorisation intellectuelle. Un espace du vide. Dominique travaille dans ce vide qui l’embrasse comme un point de détachement et qui la protège comme un lieu de « désinfection » ; elle est entièrement chez elle quand elle est dans sa contemplation picturale.

De la conscience individuelle à la conscience collective, de l’expérience personnelle aux problèmes sociaux, Dominique Albertelli ne se contente pas de l’autosuffisance d’un atelier fermé. Au contraire elle est profondément consciente et soucieuse de toutes les inquiétudes d’une génération en fin de siècle : la solitude, la maladie, la pauvreté, l’exclusion, la marginalisation, l’incertitude… La magie qu’elle possède est d’emmener, dans son propre espace imaginaire et créatif, tous ces éléments comme des énergies positives tout en gardant un regard, une réflexion et une intériorité très personnelle. Du coup les figures, dans son travail, sont à la fois miroir d’elle même et polymorphe de nous tous.

Seul l’esprit peut faire voyager le physique et le mental dans une seule matrice pour faire naître et renaître une créature inattendue.

L’art est, d’une certaine manière, la combinaison de l’esprit et de l’expérience d’un individu, de notre époque et de l’air du temps. Si cet argument peut être considéré comme un concept pour vivre et « faire l’art », Dominique Albertelli construit, au détour d’un chemin bien singulier, sa propre philosophie de peintre.

Chen Zhen, artiste plasticien
Préface du catalogue de l’exposition à la Galerie Les Singuliers, 1999


 



 

  CATALOGUE

  BIOGRAPHIE
 
HOME