Galerie Fallet
 

GALERIE FALLET
 
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EXTRAITS DE PRESSE

Marie-Claire Meier

Marie-Claire Meier


EXTRAITS DE PRESSE

A  la Galerie Fallet
Marie-Claire Meier : Intimités matérielles

Les œuvres de Marie-Claire Meier exposées à la Galerie Fallet sous le titre général  d’«Empreintes » offrent des fonds fortement structurés évoquant  les principes constructifs de l’architecture. Sur ces surfaces, que l’on associe d’emblée à une paroi rupestre ou à un revêtement mural, s’inscrivent des silhouettes dont certaines, en retrait et  fantomatiques, semblent immergées dans la matérialité de l’arrière-plan comme emmurées dans un espace intermédiaire.

Sans nom et sans visage, rassemblés ou isolés, ces corps affirment leur présence hiératique. D’autres motifs à caractère plus graphiques : signes linguistiques, symboles, trames ou formes géométriques, adoptent quant à eux des allures de bas-relief, d’inscription en creux, de grattage ou de moulage. Autant de techniques qui nous renvoient  aux origines de l’expression plastique.

Mais si vous voulez savoir ce qui se passe à l’intérieur de cette peinture, il faut franchir la barrière des apparences pour aller à la rencontre des secrets intimes de la matière. Je pense ici à Henri Michaux, à sa faculté de porter le regard  dans ces « espaces du dedans », à exercer une vision pénétrante qui dévoile les plans de la profondeur des images peintes ou dessinées, « Notre espace pour qui a cessé d’y être aveugle est plein de signaux… » (H. Michaux, Face aux verrous)

Les peintures de Marie-Claire Meier offrent la possibilité de renouer avec cette expérience fondamentale car ses œuvres entraînent l’œil  dans des contrées situées au-delà de l’image, au coeur même de la matière et de sa mémoire. Mais le processus est « piégeux » parce que l’artiste passe par maints subterfuges pour nous précipiter dans son univers formel et poétique. « Selon des anciennes recettes de fabrication du papier, je crée mes supports de peinture à partir de draps de coton, toiles de lin, pantalons-jeans… La pâte à papier obtenue étant mouillée, elle permet d’y gaufrer des structures à l’aide de différents chablons et de réaliser une composition d’empreintes et de reliefs…», confie-t-elle (Marie-Claire Meier, Sculpture, fabrication du papier, peinture. Catalogue d’exposition, 2005). Alors ces fonds aux structures que je croyais minérales sont du papier ! papier lui-même issu de végétaux qui, de surcroît, ont servi d’abord à fabriquer des draps ou des vêtements, portés, usés, par combien d’individus ? Marie-Claire Meier dit encore : « Je suis sensible à la mémoire de la matière. » Le travail du peintre commence donc par un grand recyclage, symbolique retour à la pâte originelle, puis la main remodèle cette matière première et la transforme en une image picturale avec ses médiums spécifiques: pigments, encres, pastels, craies, ocres et divers matériaux tels que : sable, fil métallique, etc… Traduction, transposition, créant les conditions d’un leurre optique cher à la psychanalyse : « Ce tableau n’est rien d’autre que ce que tout tableau est, un piège à regard » (J. Lacan, Le Séminaire Livre XI). Un leurre certes mais qui déploie ses artifices pour mieux dessiner, projeter, la vérité et l’urgence du désir.
Papier, textile et médiums picturaux conjuguent leurs langages, leurs potentialités oniriques et symboliques pour construire des espaces imaginaires, réceptacles de rêves, de souvenirs et de fantasmes. Les âmes errantes que nous y croisons sont autant de vestiges du passé humain « Humain vu et revu jusque dans le préhumain » (H. Michaux, En Appel de Visages) que d’images incertaines du devenir. Les œuvres de Marie-Claire Meier nous invitent en définitive à approfondir et fouiller le for intérieur de la matière, son état en constante mutation vers la naissance d’une forme.

Françoise-Hélène Brou, historienne de l’art, février 2007

Texte à paraître dans Scènes Magazine No. 193 Mars 2007

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Etablie à La Neuveville, Marie-Claire Meier crée ses œuvres de A à Z. Fabricant d’abord un support en créant son propre papier selon d’anciennes recettes apprises lors de stages en Europe, en Asie et aux USA, elle peint et sculpte à l’huile, à l’acrylique, à la craie, au pastel : de cette intense activité naissent des œuvres originales, pleines de reliefs et d’émotions.
           

PH +Art Magazine, No 66, février-mars 2007

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Du chiffon à l’œuvre de papier
Exposition - La galerie des Talents à Nant expose se sculptures et plaques murales de papier nées de l’imaginaire très tactile de Marie-Claire Meier

Dans son atelier de la Neuveville (BE), Marie-Claire Meier fabrique le papier de coton ou de lin qui servira de structure à ses œuvres peintes. Des pièces qu’elle expose actuellement à la Galerie des Talents à Nant/Sugiez. Environ 35 œuvres travaillées en technique mixte. Marie-Claire Meier utilise tour à tour ou ensemble, l’acryl, l’encre, les pigments, le sable, le pastel et la craie.

En travaillant son papier, l’artiste aime aller aux frontières de la forme et de la structure de la matière. Une sculpture, en forme de portefeuille, a une couverture rigide semblable au métal d’où s’échappent des feuilles fines et souples. Teint dans la masse, le papier de lin est ensuite peint. Des stèles constituées de plaques de papier superposées, ont l’apparence du métal ou de la pierre, selon le traitement que leur applique Marie-Claire Meier. Par gaufrage au chablon, elle imprime des traces, des signes dans la matière.  Le support est prêt à  être peint. Les carnets de voyage sont traités de la manière. Plusieurs plaques rectangulaires évoquent l’ardoise avec ces signes et cette superposition de plaques qui donnent envie de décoder l’histoire qu’elles racontent.

ET LA COMMUNICATION
Une autre série de sculptures murales, les tissus d’émotions, sont directement inspirés du papier coréen. Marie-Claire Meier a fait un stage en Corée l’an dernier. Elle a été frappée par les différences de texture du papier alors que les techniques sont les mêmes qu’au Japon... Marie-Claire Meier a choisi d’intégrer dans certains  tableaux des gaufrages de tissu coréen. Dans son œuvre, hormis les  signes, reviennent régulièrement des silhouettes humaines. « Ce sont des moteurs de la communication ou de la non-communication », dit-elle.

DE LA CUVE A L’ŒUVRE
Pour Marie-Claire Meier, le « paper art » s’est imposé dès 1980. « J’avais besoin de travailler la matière. Je m’intéressais à la sculpture et avais envie de textile. Je suis donc tombée surle papier. J’ai suivi des stages aux Etats-Unis, au Japon et en Corée. Je fabrique mon papier à  partir de coton et e lin. Les tissus repartent à la cuve. Si j’ai choisi ce processus assez long, c’est parce que j’en ai besoin pour m’exprimer. Je m’approprie la matière et si elle a déjà eu une vie, comme par exemple ces draps d’un grand hôtel de Montreux ou des jeans, je me sens comme un maillon dans la vie de la matière. J’ai une mémoire très tactile. Mes émotions passent par le travail du lin ou du coton et par la peinture ».

Marie-Claire Meier enseigne la fabrication du papier notamment dans des écoles d’art. Elle expose régulièrement en Suisse et participe également à de nombreux évènements collectifs du « paper art ». Dans le canton de Fribourg, elle exposa plusieurs fois à Charmey, à la Galerie Viviane Fontaine et lors des Triennales internationales du papier où elle obtint, en 2002, le 2ème Prix du public. En 1994, elle fut lauréate de la Bourse cantonale des arts appliqués du canton de Berne. Son exposition est ouverte jusqu’au 20 mars 2005.

Monique Durussel, La Liberté de Fribourg,18 février 2005

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« … L’élaboration du papier passe de la destruction à la régénération généreuse …

Par sa sensibilité particulière à la matière et sa faculté de la transformer, Marie-Claire Meier se trouver particulièrement à l’aise dans cette expérience. Les contrastes sont puissants et générateurs d’émotions… »

Laurence Carducci, historienne de l’art Accrochages, avril 1999

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« … Marie-Claire Meier crée des papiers auxquels elle laisse à peine le temps d’être nommés comme tels, car elle les mêle au sable, à la cendre, aux pigments, à la poudre de marbre, au coton, au lin et autres sisals, chanvre, kapok ayant déjà vécu, battus dans une pile hollandaise comme au Moyen Age, intégrés au métal, à la soie, parfois marouflés sur bois ou sur tôle pour des métamorphoses étonnantes.

Elle force les matières à pénétrer les unes dans les autres, à se transformer sans arrêt, à dérouler le regard,.Le papier prend des aspects de soie, d’ardoise, de cire, de poterie, de pierre, de laine ; tout s’interpénètre, brouille les repères… »

Marie-Dominique Pot, historienne de l’art (France)
Extrait de la Préface du Catalogue édité à l’occasion
de l’exposition à l’Hôtel de Ville du Landeron, 1998

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Les traducteurs de la matière

Si la terre se prête à la main des sculpteurs et céramistes, les végétaux se transforment volontiers en papier. C’est le secret de Marie-Claire Meier-Perrin qui réussit les plus surprenantes métamorphoses, en réalisant des papiers à partir d’épluchures, de paille, ou de tissus de coton. Moelleux et sombres comme de l’humus ou secs et translucides comme des chrysalides, ils s’intègrent dans ses collages. Ils sont parfois associés à des plaques de fer aux tons de rouille et de fumée. Les gammes expressives du papier sont innombrables.

Générer la matière du tableau

Abandonnez Marie-Claire Meier entre champs et forêts, elle trouvera moyen de réaliser de somptueux tableaux. Elle commence d’abord par créer son propre papier selon d’anciennes méthodes à partir de végétaux et d’écorces. Intervenant dès le début dans la matière même de ses œuvres, elle peut y inclure divers pigments, sables, poudres de marbre, terres. Loin de constituer un support abstrait, l’ensemble de ses éléments dictent et transmettent une part essentielle du tableau. La provenance de la matière, son histoire, sa première vie influencent le travail de l’artiste.

En puisant ainsi dans la nature, les contrastes sont puissants et générateurs d’émotions et de sensations. L’élaboration du papier passe de la destruction apparente à la régénération généreuse. Le pouvoir d’abrasion du minéral permet d’altérer les fibres végétales et leur apporte d’autres pouvoirs. Marie-Claire Meier  relève aussi la fragilité du papier imprimé, réceptacle d’un moment de vie, qui prolonge pourtant un instant éphémère et le protège de l’oubli.

Laurence Carducci, 1998
Accrochages



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