« … Alors Torres prend le fer dans les puissantes mains de son esprit, il le plie et le façonne à la force de sa détermination et il reconstitue l’unité perdue, sans fard, sans détour, sans dissimulation… Etrangement, surgit alors le sentiment que le sacré est dans le tréfonds de nous-mêmes et non dans les abysses insondables ou dans les hauteurs inaccessibles. Qu’un des chemins du sacré passe par les voies de la chair, mais que cette chair elle non plus se serait rien sans l’indispensable présence de la raison, du cœur et de l’esprit… Si l’air, le feu, l’eau et la terre sont les quatre éléments de la nature, ces quatre-là, la chair, la raison, le cœur et l’esprit ne seraient-ils pas les quatre éléments fondamentaux de la nature humaine ? … Qu’on est loin pourtant chez Torres, malgré la puissance du geste et l’imposante présence des masses mises en œuvre, d’un matérialisme brutal et primitif. Qu’on est loin encore de l’anecdote, qui pourrait menacer une œuvre si proche de l’épopée malgré la charge symbolique qui en émane. A aucun moment effet, l’artiste ne perd de vue qu’il est un sculpteur avant d’être un philosophe et un conteur, à aucun moment donc il ne se libère gratuitement des contraintes que lui impose l’usage des trois dimensions qui sont l’essence même de son art. »… Jean-Pierre Jelmini, historien
... Au cours d’un parcours artistique de presque quarante ans, Manuel Torres a fait évoluer sa sculpture sans qu’elle perde son identité. Plus sensuelle que cérébrale, elle s’est nourrie de sa vie et de ses œuvres précédentes, plutôt que d’une attitude théorique face à la création artistique. Les changements apparus au fil de son œuvre sont les fruits d’une maturation. Partant d’un savoir-faire technique qui lui a Florence Marguerat, historienne de l’art et journaliste
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